Gainsbourg est partout... Dans nos coeurs, dans nos lecteurs de CD, sur les écrans, mais aussi dans la vie politique française, où son influence est plus grande qu'on le croit généralement...
Croyez-moi ou pas, mais l'ère Gainsbourg n'est pas près de s'éteindre... Quand on tient un génie, un vrai, on sait que son influence sera profonde et durable dans toutes les couches de la société... Dans le monde politique, notamment... Comme dirait une autre légende de la chanson française, « on a tous en nous quelque chose de Gainsbourg »... Et là encore, c'est une influence évolutive... Comme leur inspirateur, les politiques qui rendent hommage à Gainsbourg ont connu plusieurs époques, marquée chacune par des chansons fétiches... Mais à chaque fois, on se retrouve pour le grand rendez-vous, tous les cinq ans, tous les sept ans auparavant, pour ce « Rock around the bunker » présidentiel, où les dérapages et les provoc' gainsbourienne prennent parfois le dessus...
Souvenez-vous de Jospin, au soir du 21 avril 2002, quand Lionel avait pris la branlée électorale du siècle naissant... C'était quoi, au fond, son discours ? « Je suis venu te dire que je m'en vais et tes larmes n'y pourront rien changer »... C'est très exactement ce qu'il leur a dit... Il a plus ou moins bien tenu parole, c'est vrai, mais globalement, c'est bien ce qui s'est passé, malgré les larmes de militants... Qui, voyant Chirac rigoler en face, avaient envie de lui chanter « Vieille canaille »...
Mais tout ça n'arrive pas à la cheville du grand tube gainsbourien du PS, depuis 2007, c'est « Je t'aime, moi non plus »... Ils le connaissent par c½ur, ils le chantent sur toute la gamme, dans toutes les tonalités, tous les modes, majeur ou mineur, en solo, en duo, en chorale... Dans toutes les fédérations, c'est un tube indémodable... De temps en temps, notamment quand ils se retrouvent pour leur université d'été, à La Rochelle, ils essaient bien de changer de titre pour nous faire « Sea, sex and sun », mais on a du mal à y croire... Cela dit, à l'UMP, entre Copé, Villepin, Debré ou Bertrand, « je t'aime, moi non plus », ça marche aussi très bien...
Mais on se dit que ça finit par tourner en rond... Heureusement, les hommes politiques ont de la ressource et le répertoire gainsbourien aussi... Gloire, donc, à Vincent Peillon, ces jours derniers, d'avoir pris l'initiative de renouveler le juke-box en remettant à la mode ce vieux titre, qu'aime bien aussi Georges Frèche, le « Requiem pour un con »... Et ils ne se sont pas gênés, au PS, pour lui rappeler les paroles...
Vraiment, on se demande ce que deviendrait notre vie politique s'il n'y avait pas Gainsbourg... Mais évidemment, vous n'êtes pas obligés de me croire...